La retouche ou l’art de se camoufler

Technique de la retouche d'œuvres peintes
Technique de la retouche d’œuvres peintes

Plusieurs types de retouches existent et le choix doit être réfléchi en amont afin de respecter l’harmonie de l’œuvre.

Déontologie de la retouche: Quelque soit la technique de retouche utilisée, il est essentiel qu’elle ne déborde pas sur la couche picturale d’origine, et qu’elle soit réversible pour les prochains restaurateurs à l’avenir. Les pigments et les liants utilisés doivent avoir une bonne stabilité chimique et physique, qui ont le moins de changement visuel dans le temps et facilité de mise en oeuvre. De l’aquarelle ou des couleurs synthétiques peuvent être choisis selon les besoins.

La retouche illusionniste: Voici l’exemple ici d’une retouche illusionniste, permettant le rétablissement esthétique de la peinture. Cette retouche est privilégiée sur les tableaux où la lisibilité et l’harmonie de la représentation sont primordiales. Elle requiert une bonne maîtrise du dessin et des couleurs, ainsi que du sens de l’observation aigu du restaurateur. Cette technique est utilisée notamment sur les tableaux peints entre la Renaissance et l’art contemporain.

Le fond neutre: Cette technique consiste en un aplat coloré uni qui permet de neutraliser la couleur du mastic présent dans la lacune, et de se rapprocher des couleurs de la peinture. Cette retouche est visible de près comme de loin, mais permet tout de même de rétablir une certaine lisibilité d’ensemble sans dénaturer la représentation d’origine. Cette technique est notamment très utilisée en Italie sur les tableaux antérieurs à la Renaissance.

La retouche a tratteggio: Cette technique italienne de retouche est utilisée sur des oeuvres qui ont une valeur davantage archéologiques, sur les peintures murales de Pompéi par exemple. Il s’agit d’une succession de traits colorés verticaux, qui sont invisibles de loin mais qui de près, permettent de distinguer la peinture originale de la retouche apportée.